On a l’impression que la culture occidentale crée l’image de la mort qui n’a rien à voir avec la vraie mort.
Pourquoi ? La réponse à cette question doit être cachée au Moyen Age. A l’époque, la peste a littéralement ravagé la moitié de l’Europe. Avant cet événement, la mort était représentée avec une flèche, tout comme l’amour, ce qui créait l’image de la mort sélective, non-naturelle et non-accidentelle. Après l’épidémie de la peste qui avait fauché plein de monde sans choisir, on commence à représenter la mort avec une faux. Les guerres qui ont suivi, ainsi que les révolutions avec des millions de victimes mortes de mort violente n’ont fait que renforcer cette image qui perdure jusqu’à nos jours.
En même temps, une autre image de la mort a toujours existé, celle tranquille et sereine liée à la mort naturelle.
Auparavant on mourait de manière différente, et des morts pareilles existent encore dans des bleds perdus : des vieilles personnes gardaient des habits spéciaux dans leurs coffres pour le jour de la mort. Les couleurs de ces habits, à la différence du costume noir traditionnel étaient claires. Le matin, les vieilles personnes pressentant l’arrivée de la mort mettaient les habits clairs, s’installaient tranquillement dans le cercueil, et l’office des morts commençait avant la mort même. La mort n’arrivait pas subitement, mais était un processus naturel : ce que les gens appellent « la vie » se transformait en ce qu’ils appellent « la mort ». Une telle mort ne fait plus partie de l’image de la mort existant dans la société moderne qui correspond, sans doute, à l’image de la mort non-naturelle qui était nommée auparavant « une perte ».



